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ÇA BOUGE À LA FERME BARD !

by Mégan Marchand
3 min.
LACTECH_Marianne Landry_reduit

MARIANNE LANDRY, agr.
Conseillère en production laitière
Lactech inc.

La Ferme Bard, située à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, est la propriété de Marie-Josée Bard et Hubert Guimond. C’est à l’été 2019 que le couple a réalisé la deuxième phase de son projet d’agrandissement. L’objectif ultime était clair : accroître le troupeau pour atteindre 200 kg de quota sans trop augmenter les besoins en main-d’œuvre.

Pour y parvenir, les propriétaires désiraient continuer à optimiser la production du troupeau. Davantage de vaches requiert davantage de fourrages mais heureusement, le fonds de terre qu’ils possèdent peut répondre à leurs besoins grandissants en matière de fourrages de qualité. Ce qui s’avère plus intéressant pour eux que la production de céréales : « On veut être à l’optimum des ressources disponibles ! » Avant le démarrage de leur projet, ils devaient produire 160 kg de quota avec 95 vaches attachées. Ils avaient la ferme conviction qu’une stabulation libre leur permettrait d’être plus performants sur tous les plans, et ce, sans freiner l’amélioration génétique de leur élevage.

LE PROJET

Marie-Josée et Hubert ont procédé à l’agrandissement d’un bâtiment qui fait 45 pieds de largeur sur 200 pieds de longueur. Cet ajout leur a permis d’ajouter 58 stalles en stabulation libre sur 2 rangées tout en conservant l’étable attachée pour traire le reste du troupeau. Ainsi, une partie du troupeau pouvait passer à la robotique grâce à l’achat d’un robot DeLaval VMS 300.

Les propriétaires ont opté pour des logettes profondes avec copeaux de bois de façon à garder leurs vaches le plus propres possible, ce qui était très important pour eux. Les stalles mesurent 52 pouces de large pour permettre aux vaches matures d’être à l’aise. L’objectif était de procurer un confort maximal aux vaches en fonction de l’espace disponible.

Pour optimiser le bâtiment, ils ont eu l’idée de placer le bain de pied par-dessus le dalot; cette astuce leur a permis de disposer de deux logettes additionnelles. « On est allés chercher tous les pouces qu’on avait de disponibles pour optimiser le confort des animaux », a précisé Hubert. Au niveau des largeurs des allées, de l’espace devant le robot et de la surface d’abreuvement, ils ont suivi les recommandations de l’industrie. Au final, ils ont un peu moins de logettes que le potentiel du robot de traite. Les vaches sont alimentées avec une autoration RPM servie une fois par jour. Un robot repousse-fourrage leur permet d’aller chercher davantage de traites pendant la nuit en plus de tous les autres avantages qu’il offre. La litière est ajoutée une fois par semaine, comparativement à tous les jours pour les vaches en stabulation entravée. Les vaches sont dérangées le moins possible. Globalement, on économise du temps.

Les planchers sont en béton rainuré et la ventilation est naturelle grâce à six ventilateurs de type Big Ass Fan. L’agrandissement a permis de prolonger le bed pack (logement en groupe) qui datait de la phase 1 de 70 pieds. On ne retrouve pas de stalles à l’arrière du robot mais un accès à un bed pack situé de l’autre côté de l’allée d’alimentation.

La phase 1 du projet avait été réalisée en 2017 : la construction d’une étable avec bed pack pour loger les vaches taries et en préparation au vêlage. Avec les années, Marie-Josée et Hubert sont toujours aussi convaincus des bienfaits qu’en retirent les vaches. Avec le projet du robot, ils visaient le confort de ces dernières. Hubert mentionne que « Les vaches ont 150 pieds carrés d’aire de couchage, pas en bas de ça ! »

LE DÉMARRAGE

La phase 2 du projet s’est amorcée le 5 novembre 2019. Dès le départ, les propriétaires ont démarré leur robot avec 20 vaches achetées et 5 vaches fraîches vêlées possédées. La priorité a été donnée aux vaches fraîches 1er ou 2e veau. Après une semaine, 35 vaches étaient déjà au robot. L’ajout des nouveaux vêlages du troupeau s’est ensuite fait graduellement au cours des mois de décembre et janvier. Le couple a fait le choix de ne pas avoir de vaches avancées en lait au robot au démarrage.

Puisqu’ils passaient d’un potentiel de 95 à 153 stalles, les propriétaires n’ont pas hésité à acheter des vaches. Ils ont choisi de les acheter dans un seul troupeau. Ce dernier a été soigneusement sélectionné parce que ses installations s’apparentaient aux leurs. Des tests de santé ont été effectués auprès de toutes les vaches achetées. « On a encouragé un bon éleveur québécois », a souligné Marie-Josée. Pour assurer une bonne répartition des futurs vêlages, ils ont acheté des vaches 1er et 2e veau de divers stades de lactation, principalement entre 30 et 150 jours en lait. Très satisfaits, ils sont même retournés en acheter à la même ferme.

LES AVANTAGES

Grâce à la nouvelle étable avec robot, les propriétaires ont gagné au change sur le plan de la souplesse de l’horaire. Le travail est moins physique et plus intéressant à faire. L’environnement est paisible, lumineux et agréable. Les vaches performent mieux, sont en meilleure santé et font davantage d’exercice. On a aussi amélioré leur bien-être. Marie-Josée et Hubert ont souligné que des vaches attachées et un robot de traite représentent deux mondes; une même vache performe mieux au robot. Avant même d’avoir complété une année complète, ils remarquaient une bonne différence sur le plan des pics de lactation entre le troupeau au robot et les vaches attachées. Les vaches attachées de 2e veau et plus ont des pics de lait de 50 kg à 50 jours, alors qu’au robot les pics sont de 56 kg à 45 jours; c’est dire qu’on observe une hausse de 6 kg de lait. Pour l’ensemble du troupeau, ils ont gagné 600 kg de plus en ce qui a trait à la moyenne du troupeau, qui se situe maintenant à 11 100 kg. Actuellement, sans avoir fait de modifications à la vacherie attachée, ils ont une moyenne annuelle pour tout le troupeau variant entre 1,35 kg et 1,45 kg de gras par vache. La classification du troupeau est 8 EX multiple, 4 EX, 66 TB, 53 BP et 2 B.

Pour la phase 3, Marie-Josée et Hubert désirent à moyen terme transformer la vieille vacherie en stabulation libre pour atteindre l’objectif de produire 200 kg à 2 robots. Présentement, c’est la disponibilité du quota qui les freine.

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